c'est le double, celui qui écrit, et celui qui doute, et celui qui n'a de cesse de trouver son double à l'intérieur de lui, ou alors quand le vent se lève, à l'extérieur, pour mieux revenir au départ de tout : l'intérieur, qui n'est pas le désert qu'on croit, surtout pas. Parcouru par tous les vents, ouvert aux quatre horizons, pieds nus dans la terre sacrée, fruit de cette terre, humble et reconnaissant, même à la souffrance, reconnaissant.
Consultations de pages de la semaine précédente
mardi 8 janvier 2013
LA TETE DANS UN COQUILLAGE
Patrick Pérez Sécheret
LA TETE DANS UN COQUILLAGE
Je reconnais à PPS le bénéfice du doute. Non, il
n’est pas cet imposteur grilleur de cigarettes retourné sur lui-même, son
entregent et ses dentelles.
Il s’installe sans peser, ayant parfaitement et justement
soupesé ses chances. On lui connaît des insomnies de bazar, où parfois il se
prendrait pour un coquillage, ou une oreille, c’est selon. Il possède ce
quelque chose du moine, mais tripoteur, bien sûr. Je sais bien qu’il ne l’a pas
grosse, la tête, certes, mais de là à la caler dans l’espace réduit d’une
coquille vide, même de fière taille… Lui qui leur fait la chasse,
impitoyablement, aux coquilles qui lui viennent sous la main, en ses
incessantes relectures qu’il fait semblant de ne pas mener, les abandonnant au
hasard… Qui fait bien les choses, quand le PPS, au hasard, il lui donne un coup
de pouce, un coup dans le dos, ou une petite tape sur les fesses… Ce
littérateur né, qui n’est pas plus littérateur que je ne suis moine, mais Poète
absolument. Cet homme de lettres, à l’antique sens du terme : Poète de
l’instantané, de l’urgence, de l’humain. Il offre à l’encan, et à ses frères
humains, justement, ses diapositives du vivre. Ses repérages cosmiques. A la va
vite apparemment, mais non : il sait bien où il va le bougre : là où
s’engouffre le vent et la beauté des hommes, leur désespoir et leurs
souffrances, sublimés par son lyrisme de bazar, de bars, et d’absolue
nécessité.
Remarques préliminaires seulement.
On se dit qu’il écoute la mer comme on le faisait
enfant : en se collant l’oreille à quelque conque malvenue, mais lui il y
met la tête, carrément… Bon, je ne lui ferais pas l’injure de le traiter de
marin corse – il a toujours été prétendu que nous n’étions pas marins par chez
nous, et là haut, où l’on sait mieux que nous ce que nous sommes ou ce que nous
nous devrions d’être, mais le Culombu, dans lequel on soufflait jusqu’à
naguère, n’a rien d’une légende. Et figurez vous que ce Culombu, cette coque
marine, justement nommée, servait au chant et à l’expression musicale
partageuse et partagée des plus simples, des plus rudimentaires êtres que nous
avons su rester, au grand dam des journalistes et chroniqueurs de tout poil
énonçant leurs sermons depuis quelque Olympe des bords de Seine. Dont PPS évidemment
n’est pas. Il n’aurait pas commis ce magnifique Poème d’Ajaccio, dont il me fit
cadeau voilà une décade, après quelques bonnes libations… Rentré à son hôtel,
rue Fesch, il l’écrivit jusqu’à plus soif.
Le lendemain, j’avais une boule dans la gorge,
comme je l’ai aujourd’hui, à la énième relecture de son nouvel opus… :
« Laissez entrer la rumeur de l’ombre
à la poitrine du soir parmi les roses
à pelisse verte le cœur sur la main
d’une hirondelle un peu décatie
des ombrelles aux pupilles
des valises d’armes pleines les plumes
laissez passer les chemineaux de l’aube
en veste d’apprenti sur le carreau de vivre
Je vous en prie »
Dominique Ottavi
`( LA TETE DANS UN COQUILLAGE, amapola éditeur)
jeudi 20 décembre 2012
il aurait plu...
A l'heure normale du Pacifique, j'essaime à tout vent, à toute force, toute prescience. Nous sommes revenus du fond des âges, et nous n'avons pas peur. La mort n'est qu'un simulacre, un label non déposé à l'INPI. Nous voici de profil. Et nous ne vous offrons que nos contours les plus avantageux. A qui revient l'avantage?
mercredi 19 décembre 2012
julius: tu étais cette féetu étais cette frêletoi, tu n'...
julius: tu étais cette fée
tu étais cette frêle
toi, tu n'...: tu étais cette fée tu étais cette frêle toi, tu n'y croyais pas moi je n'y croyais pas non plus, o non pas plus nous avions déserté l'...
tu étais cette frêle
toi, tu n'...: tu étais cette fée tu étais cette frêle toi, tu n'y croyais pas moi je n'y croyais pas non plus, o non pas plus nous avions déserté l'...
mercredi 22 février 2012
Texte rescapé de Pas l'amour, il y a longtemps, quoi ! Le Tourtour n'existe plus depuis belle lurette...
Quatre heures l'après-midi d'hiver
théâtre du Tourtour
la loge du fond
la loge du bout
allongé sur le lit
où Mano Solo
a dû passer ses nuits
plus souvent qu'à son tour
je m'applique lentement
attentivement
à me laisser envahir
par l'esprit flottant
- les esprits !
de la loge du fond
la loge du bout !-
tant d'espoirs
d'émotions
de chagrins et de joies
d'amitiés
-->et d’amours
théâtre du Tourtour
la loge du fond
la loge du bout
allongé sur le lit
où Mano Solo
a dû passer ses nuits
plus souvent qu'à son tour
je m'applique lentement
attentivement
à me laisser envahir
par l'esprit flottant
- les esprits !
de la loge du fond
la loge du bout !-
tant d'espoirs
d'émotions
de chagrins et de joies
d'amitiés
-->et d’amours
Céline Caussimon Sylvie Boisel Zaniboni Eric Durand Eric Guilleton Patricia Bruno Vallet
Olivia Lancelot, mon Olivia !
Véro Claudel Mano Solo
Mano...
au loin par-derrière la porte fermée de la loge
au bout du couloir
j’entends à intervalles réguliers
la sonnerie paisible du téléphone
la voix calme de Jean
l’ami Jean
le Patron comme dit Guilleton
j’écoute j’entends je guette
rien d’autre que moi-même
décalé mis à nu
dans la soufflerie du chauffage électrique
je repense à toi pourquoi maman
debout en manteau
quittant la salle à la fin du spectacle
qui t’arrête au pied de la scène
où je suis encore saluant
qui me dévisage de toute la puissance d’un regard que je ne te connaissais pas
somnambule immobile
large comme l’horizon sur la mer
et en même temps incroyablement présent
comme j’en avais tant rêvé petit
pour la première fois tes yeux dans mes yeux maman
et tu souris
tu me souris
avant de t’en aller pour toujours
tu ne viendras plus jamais chez nous à Sinale
où la maison s’achevait
tu avais tapissé les murs de ta cuisine
de toutes les photos que nous t’envoyions
au fur et à mesure de la construction
La maison est terminée maman
tu peux être tranquille
je suis bien rentré chez nous
sta piana hè u me locu
et ce soir je chante au Tourtour
C’est l’après-midi l’hiver à Paris
et tu vois me voilà dans ma loge
triste et heureux
nostalgique déjà à l’idée de devoir quitter en fin de semaine
la loge du fond
la loge du bout.
vendredi 10 février 2012
à moins de verser quelques larmes, il nous suffira de prendre les escaliers, dans le sens voulu -et par qui donc?-. On entend à nouveau, venu de loin, le bruit des bottes, le cliquetis des armes. Ils disent que toute crise économique (lire crise du capitalisme) se résout toujours par la guerre. "Frères humains qui après nous vivez, n'ayez le coeur contre nous endurci..."
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